Mercredi 8 juillet 2009


Dessins parus dans le Catalogue Indigo : influences automne hiver 2010 - 2011


        


Salon Indigo
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salon du dessin et de la création textile, salon partenaire de Première Vision -
Premier salon mondial des tissus d’habillement destiné aux professionnels de la mode

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Lundi 20 avril 2009




Communiqué de presse : 


L’œuvre de Claire Fanjul est placée sous le signe de l’ambivalence. Cette jeune artiste de 22 ans est pétrie de culture ancienne ; dessinatrice virtuose, elle maîtrise également des techniques ancestrales telles que le burin et l’eau-forte, elle puise dans le répertoire des primitifs flamands et allemands pour donner forme à ses plongées oniriques dans l’inconscient d’où ressort pourtant avec évidence l’imaginaire d’une enfant de notre siècle. La réappropriation des fantasmagories des artistes médiévaux se prête volontiers à l’exploration des mystères du monde intérieur. Le dessin laisse transparaître la part la plus intime de l’artiste.
Dans celui de Claire perce la naïve cruauté de la jeunesse, qui se rit de la laideur et détruit avec joie ; ou cette cruauté esthétique d’un Huysmans dont on s’attend à distinguer, dans les noirceurs d’une composition, la tortue du duc des Esseintes, incrustée de pierres précieuses, sur le point de mourir de beauté. Car il y a une jouissance du trait dans la façon dont Claire pousse le dessin jusqu’à une finesse extrême, proche de l’incise, jusqu’à une virtuosité où le sens devient secondaire par rapport au plaisir d’envahir la page d’entrelacs d’encre de Chine, d’où se dégagent, de manière obsessionnelle, ses monstres saccageurs.

 

Son goût pour les formes archaïques a tourné Claire vers l’héraldique, qu’elle passe au crible de la contemporanéité. Elle utilise les logos, qui ont envahi notre univers visuel et que chacun reconnaît comme on identifiait autrefois une ville ou un ennemi à travers ses armoiries, pour dessiner les blasons de notre système économique à la dérive. Fluctuat nec mergitur : il est battu par les flots mais ne sombre pas. La devise de Paris pourrait être celle du capitalisme. Claire Fanjul en détourne les sigles selon le protocole des blasons, dans lequel se retrouvent certains éléments de son vocabulaire formel : bestiaire fantastique, ornements symboliques, drapés, vanités… A travers ses emblèmes traités sur le mode imparfait, le système tout entier semble relégué dans le passé ; mais avec cet humour propre à Claire, quiporte la marque de l’enfance, évocatrice d’une renaissance.

Publié dans : Expositions - Recommander

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